La Nubie, une beauté extrême et des paysages magiques

Soha Gafaar Mercredi 19 Août 2020-15:31:58 Chronique et Analyse
La Nubie, une beauté extrême et des paysages magiques
La Nubie, une beauté extrême et des paysages magiques

Parmi les plus belles régions égyptiennes figure la Nubie. D’une simple photo, vous pouvez découvrir immédiatement qu’elle se distingue des autres villes égyptiennes. Elle se caractérise par sa beauté extrême, ses paysages splendides, ses maisons colorées d’une manière originale, par une vue sans pareil sur le Nil, par son musée qui englobe une rare collection de pièces d’antiquité etc… Le mois dernier et précisément le 7 juillet, nous avons célébré la journée de la Nubie. A cette occasion, nous avons consacré notre chronique d’aujourd’hui pour parler de cette ville située à l’extrême Sud de l’Egypte.  

 

 

 

Les Nubiens ont choisi de célébrer leur journée le 7 juillet, pour une raison spécifique à savoir que le chiffre 7 a une connotation importante dans leur histoire, leurs jours et leurs différents rituels culturels. Il est sans doute connu que la civilisation en Egypte a commencé par le sud, depuis la terre de la Nubie. Les Nubiens affirment toujours qu'ils sont à l'origine de la civilisation dans le monde antique, ce qui est confirmé par l'histoire. 

La Nubie est très vaste, depuis le sud d'Assouan jusqu'aux frontières avec le Soudan. Son existence au fil du temps a été étroitement liée au Nil. Le mot «Nubie» est un ancien mot égyptien, qui signifie «or». Par conséquent, le pays de «Nubie» signifie le pays de l'or, car la région était connue pour ses mines d'or. 

Les anciens Égyptiens appelaient le pays de Nubie le Royaume de Kush, un nom tardif qui n'a que 5 000 ans; cependant, la civilisation de la Nubie existait bien avant elle et avant la formation des royaumes. Les archéologues ont découvert des artefacts datant de la période néolithique (9 000 et 4 000 et 500 ans avant JC), y compris des pièces de poterie et de porcelaine. 

Les antiquités confirment la présence d'une civilisation vieille de 10 000 ans dans une zone appelée Khor Bahan, située à l'est d'Assouan. Ceci a été prouvé avec la découverte de plusieurs types de poterie, qui se distinguent par leurs couleurs roses et leurs pots décorés. 

Dans la période pré-dynastique, des implantations néolithiques précoces ont été trouvées dans la région nubienne centrale remontant à 7000 av. J.-C., Wadi Halfa étant considéré comme le plus ancien établissement de la vallée centrale du Nil. Pendant la période dynastique, des régions de la Nubie telles que Ta-Seti (le premier nome ou région administrative de l’Égypte ancienne) faisaient partie de l'Égypte ancienne durant l'ère dynastique. D'autres parties de la Nubie, en particulier le sud ou la Haute Nubie, faisaient parfois partie de l’Égypte pharaonique ancienne et constituaient parfois un État rival représentant des régions de Méroé ou du Royaume Koushite. Cependant, à la vingt-cinquième dynastie, toute la Nubie était réunie avec l'Egypte, s'étendant jusqu'à Khartoum aujourd'hui. Les premiers Nubiens avaient l'habitude de domestiquer les animaux et d'en tirer profit, et il existe des preuves qui datent de 7 000 ans, selon David Edwards dans son livre «The Nubian Past». 

D'un autre côté, les Nubiens étaient de puissants guerriers. Les anciens Égyptiens appelaient à un moment la Nubie « Ta City », qui était en fait le nom d'un royaume qui existait entre la région de Halfa et d'Assouan et qui a disparu autour de l'année 3000 avant JC. Ta City signifie le « pays des arcs », en référence au talent des habitants de cette région dans le tir à l'arc en tant que guerriers. 

Dans l'Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues nilo-sahariennes. L'ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les VIIIe et IXe siècles. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu'au début des années 1970. Cette langue était l’un des facteurs qui ont conduit à la victoire du 6 octobre 1973. Le président Anwar El-Sadate a ordonné aux officiers nubiens d’utiliser la langue nubienne dans les correspondances comme code secret. Ce dialecte nubien subsiste néanmoins jusqu’à nos jours et est parlé par une partie de la population nubienne.  

 

Le musée de la Nubie à Assouan, une conception et des collections sans pareil  

Créé dans le cadre de la Campagne internationale pour l’établissement du Musée de la Nubie à Assouan et du Musée national de la civilisation égyptienne au Caire, le Musée de la Nubie à Assouan a ouvert ses portes au public en novembre 1997 et a remporté un vif succès en raison de sa conception et de ses collections. 

Le Musée de la Nubie à Assouan abrite les découvertes réalisées au cours des fouilles conduites dans le cadre de la Campagne internationale de l’UNESCO pour la sauvegarde des monuments de Nubie, menacés par la construction du haut barrage d’Assouan dans les années 1960. Exposant quelques 3000 pièces mises au jour lors des fouilles, le Musée est également le dépositaire de l’histoire et de la culture nubienne. Ses collections présentent en effet la Nubie depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. 

Des pièces maîtresses, comme la céramique décorée de Méroé, la statue d'un soldat romain en provenance de Philae et les fresques de style byzantin de l'Eglise d'Abdalla Nirqi, en sont représentatives. Les objets découverts dans les tombeaux de Ballana et de Qustul représentent l'art indigène de la région, tout en reflétant des styles et des motifs issus d'autres cultures qui, à différentes époques, ont traversé ou influencé la Nubie inférieure ou les zones limitrophes, y compris la culture égyptienne, grecque, romaine, copte et byzantine. 

Le Musée a été conçu par l’architecte égyptien Mahmoud El-Hakim, l’aménagement paysager par Werkmeister & Heimer Landscape Architects (Allemagne) et Leila Masri de Sites International et ses expositions ont été réalisées par l’architecte mexicain Pedro Ramerez Vázquez. Le Musée de la Nubie occupe un espace de 50 000 m2 en bordure du Nil à Assouan. 7 000 mont été utilisés pour la construction du Musée. Le Musée, qui se veut la reconstitution de l’architecture traditionnelle d’un village nubien et qui a été achevé en grès et en granit rose, fut l’un des lauréats du prix Aga Khan d’Architecture en 2001. 

Il abrite un centre de recherches et de documentation sur l’archéologie, l’histoire et la culture de la Nubie, ainsi que de les équipements relatifs à la Campagne internationale de l’UNESCO. Il  est entouré d’un parc paysager qui l’intègre dans la topologie locale et permet de présenter l’environnement nubien à travers un espace d’exposition en plein air.

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